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La Covid pourrait révéler une guerre de tous contre tous : l'unité européenne peut-elle y faire face ?

28 février 2021

Le 30 septembre 2020, la Commission européenne a publié le Rapport 2020 sur l'état de droit qui peut être résumé par ces mots de la présidente von der Leyen : « L'état de droit permet de protéger les citoyens du règne des puissants. Il est le garant de nos droits et libertés quotidiens les plus fondamentaux. Il nous permet de donner notre avis et d'être informés par une presse libre. »
De même, le 13 novembre 2020, le Parlement européen a adopté une résolution sur l'impact des mesures relatives à la Covid-19 sur la démocratie, l'état de droit et les droits fondamentaux.
Le message essentiel de ces deux déclarations est un avertissement adressé aux gouvernements de chaque État membre de l'UE afin qu'ils respectent les droits fondamentaux énoncés par l'Union et l'état de droit dans le cadre des restrictions liées à la Covid-19.
La résolution parlementaire invite instamment les gouvernements de l'UE à réexaminer l'ensemble des limitations des libertés individuelles et à évaluer l'impact à long terme du confinement généralisé sur les personnes.
Cependant, il semble que la plupart des pays européens n'aient pas prêté à ces appels toute l'attention que l'on aurait pu espérer.
La situation en Italie en offre un exemple particulièrement frappant. Le pays compte environ 8 000 communes – petites et grandes – qui, au cours de la longue période de confinement national de l'année dernière, ont connu des restrictions très strictes en vertu desquelles les habitants ne pouvaient pas quitter leur commune sans risquer de commettre une infraction, parfois assortie de poursuites pénales.
Le gouvernement s'était engagé à éviter un nouveau confinement pendant deux semaines lors des fêtes de fin d'année, après celui de l'automne 2020. Néanmoins, de très sévères restrictions ont en fait été réintroduites pour Noël.
De telles décisions n'étaient pas étayées par des preuves scientifiques irréfutables et reposaient prétendument sur certains critères reconnus par le ministère de la Santé, mais sans que ceux-ci ne soient rendus accessibles au public, malgré la pression croissante des scientifiques et des universitaires. 
Dès le mois d'octobre 2020, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe a mis en garde Rome concernant la violation potentielle des droits fondamentaux des citoyens au cours de la première vague de la pandémie. Sa lettre soulignait qu'il appartiendrait en dernier ressort à la Cour européenne des droits de l'homme, et non au gouvernement italien, de décider si l'article 15 de la Convention européenne des droits de l'homme avait été violé durant le confinement.
Au-delà du cas italien, il convient de souligner que pratiquement tous les pays de l'Union ont mené leurs propres politiques, sans tenir compte des principes et directives de l'UE.
Cela contraste de manière saisissante avec ce que tous les dirigeants européens affirment depuis des années, ne rendant qu'un hommage de façade aux libertés européennes, alors qu'en réalité, au moment d'agir, chaque pays fait cavalier seul.
La pandémie a révélé la fragilité même des fondements et des principes de l'UE. Et elle a ainsi préparé le terrain pour ce scénario anarchique du chacun pour soi que Thomas Hobbes appelait « une guerre de tous contre tous ».
 
Photo de gerenme, Canva.