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L'accord d'investissement UE-Chine : réalité ou fiction ?

8 février 2021

Le 30 décembre 2020, l'UE a annoncé qu'un nouvel accord était en train d'être conclu avec la Chine après de nombreuses années de négociations difficiles. Il a été défini comme « l'accord global sur les investissements UE-Chine ».
Cependant, si l'on y regarde de plus près, on découvre qu'aucun accord de ce type n'a réellement été conclu pour l'instant.
En réalité, ce qui a été produit jusqu'à présent n'est rien d'autre qu'un communiqué de presse et un court résumé de certaines questions clés en cours, que la Commission européenne a qualifiés d'« accord de principe ».
Il semble que l'accord dans son ensemble soit loin d'être effectif, car la Commission a rapidement souligné que « l'accord de principe repose sur un texte qui nécessite encore un travail technique ».
Ensuite, le 22 janvier, la Commission a publié un projet provisoire de cet accord, en précisant que « le texte est publié uniquement à titre d'information et peut faire l'objet de modifications ultérieures ». Il ne représente donc pas l'accord lui-même.
Ce qui ressort, c'est l'attitude inhabituelle de l'UE, qui semble davantage axée sur une forme d'affichage de façade que sur une approche cohérente des négociations.
D'un point de vue politique, il serait très encourageant pour l'UE, dans le contexte international actuel, de conclure un accord global d'investissement avec Pékin.
Dans le sillage du Brexit et de la conduite belligérante de l'administration Trump à l'égard de l'Europe et de la Chine, il n'est pas surprenant que Bruxelles cherche à resserrer ses liens avec Pékin, ce qui serait bénéfique pour les deux parties.
Pourtant, poursuivre une vision, aussi attrayante soit-elle, est une chose. La concrétiser dans la réalité en est une autre.
Il convient toutefois de préciser que l'objectif de cet article n'est pas d'examiner en détail les aspects techniques du processus.
Néanmoins, certains points semblent avoir fait sourciller. Notamment dans le secteur automobile, où l'UE – et plus particulièrement sa présidence allemande de l'époque – a souligné une avancée majeure concernant les plafonds de participation dans les véhicules à énergie nouvelle, que Pékin avait auparavant ouverts à un contrôle majoritaire étranger.
Outre cette question et d'autres considérations éventuelles sur le bien-fondé de l'accord, il convient d'insister sur le manque de clarté et de transparence de la part de l'UE face au battage médiatique entourant l'événement, comme si l'accord avait déjà été signé.
Rétrospectivement, en repensant aux récents accords commerciaux tels que le TTIP entre l'UE et les États-Unis (que Trump a finalement suspendu), il serait prudent d'attendre de voir jusqu'à ce qu'un accord soit définitivement conclu et ratifié par les parties.
Maurizio Gardenal
Crédit image : AbsoluteVision, sous licence Pixabay.